Selon Félix Racine, étudiant à la maîtrise en philosophie, l’affaire Patrick Provost nous rappelle que le dogme est encore bien présent dans les sociétés contemporaines, en particulier au Québec.
À chaque époque de l’humanité surviennent des manifestations dogmatiques, c’est-à-dire des idées qui ne peuvent être contestées sous peine de châtiments.
Par exemple, au Moyen Âge, les philosophes qui utilisaient la logique afin de relever les contradictions dans la doctrine catholique finissaient en majorité par en payer le prix lourd.
Et pourtant, leurs contradictions étaient pertinentes, le tout conforme à l’esprit de curiosité scientifique. Seulement, cette démarche remettait en question les fondements de l’Église catholique qui s’appuyait sur l’infaillibilité de la révélation divine. Il n’est pas dans l’intérêt du pouvoir de se laisser affaiblir sans riposter.
Consensus totalisant
Aujourd’hui, en 2022, l’affaire Patrick Provost nous rappelle que le dogmatisme persiste dans nos sociétés contemporaines. Plus exactement, depuis l’arrivée de la Covid-19, nous avons basculé dans une nouvelle forme de régime politique.
Au Québec, le débat scientifique a été remplacé par un consensus totalisant et artificiel, sanctionnant systématiquement les voix discordantes qui contredisent cet état de fait.
Les scientifiques comme Patrick Provost ne sont pas des illuminés marginaux, bien au contraire. Ce sont des chercheurs renommés ayant pour la plupart consacré une grande partie de leur carrière à la progression de la connaissance scientifique.
Seulement, en adoptant une perspective hétérodoxe sur la gestion sanitaire, ils s’opposent par la même occasion au gouvernement en place, ce qui leur vaut la sanction d’hérésie.
En cherchant à remettre en question le récit officiel par des faits, Patrick Provost a été censuré par Québecor et suspendu huit semaines sans salaire par l’Université Laval.
Dans une société qui se veut démocratique et libre, un tel événement devrait être présenté comme un scandale national. Compte tenu, surtout, que le gouvernement Legault a récemment déposé un projet de loi afin de protéger la liberté académique.
Silence radio chez les députés
Mais il n’en est rien. Tous les partis, à l’exception du Parti conservateur du Québec, sont muets comme des carpes. Pas un seul député ne s’est levé afin de dénoncer cette injustice flagrante. Ce silence est sidérant.
Les parlementaires sont-ils complices du dogmatisme sanitaire érigé par le gouvernement Legault? Même Québec solidaire, qui a accueilli Patrick Provost comme candidat dans Jean-Talon en 2018, s’est lâchement dissocié de son ancien candidat. Solidaire des mesures liberticides et de l’extrémisme sanitaire?
Tout ce tableau nous ramène inévitablement à ce nouveau paradigme façonné par le régime en place. Les catégories historiques semblent perdre de leur stabilité habituelle. Désormais se trouvent deux camps actualisés: ceux qui font l’apologie du système et ceux qui souhaitent l’émancipation de ce régime.
Il est inacceptable qu’une société démocratique tolère de telles formes de censure à l’endroit d’un scientifique. Le silence des apologistes du système est troublant et n’annonce rien de rassurant pour la suite des choses.
Péril démocratique
Pendant plus de deux années, la démocratie québécoise a fonctionné par décrets, surplombant le peuple et instaurant une vérité unique.
Mû en partie par des intérêts pharmaceutiques et partisans, le gouvernement de François Legault tente de conserver son hégémonie. Pendant ce temps, l’empire Québecor se dérobe tranquillement à sa mission journalistique en censurant des voix dissidentes, pendant que plusieurs de ses chroniqueurs continuent de s’insurger contre la «censure woke». Quel paradoxe!
Alors qu’une prétendue septième vague semble poindre à l’horizon, des mécanismes de contrôle social pourraient être réinstallés à l’automne, laissant place à un besoin criant de sécurité que combleront les mesures sanitaires.
Seulement, usés par la répétition, de moins en moins de citoyens se laissent berner par cette supercherie. L’affaire Patrick Provost doit nous interpeller comme citoyens. En démocratie, nous échangeons et contre-argumentons entre opposants légitimes. La censure et le dogmatisme sont incompatibles avec elle.













